Ce premier appel à projets du FC3R, « Les 3R en France : Initiatives collectives et outils de partage », destiné à financer des actions visant à réduire, remplacer ou raffiner l’utilisation des animaux dans les laboratoires grâce au développement d’outils structurants et collaboratifs, avait suscité un vif engouement, avec 51 projets soumis. Parmi les sept projets lauréats, Ethi.3R s’était distingué par la clarté de sa démarche d’harmonisation des formations des membres des comités d’éthique en expérimentation animale (CEEA) au niveau national et la solidité de sa mise en œuvre.
Ethi.3R : harmoniser l’éthique, à l’échelle nationale
Les CEEA jouent un rôle central : structures réglementaires, ils sont chargés d’examiner les projets scientifiques nécessitant le recours aux animaux, en veillant à la conformité réglementaire et au respect du principe des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner). Aujourd’hui, la France compte 76 comités d’éthique, répartis sur l’ensemble du territoire et intervenant dans des contextes scientifiques, institutionnels et organisationnels divers. Face à cette diversité, la nécessité d’une harmonisation nationale des pratiques s’est imposée au fil des années. Pour répondre à cet enjeu collectif, les comités ont créé le réseau national des comités d’éthique CEEA, dédié au partage des bonnes pratiques et à la mutualisation d’outils d’évaluation.
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Le projet Ethi.3R avait pour objectif de renforcer cette dynamique en proposant une avancée majeure pour « harmoniser » la formation des membres des CEEA : le développement d’un SPOC gratuit et accessible à tous les membres des CEEA. Cette initiative originale a été portée par trois membres aux profils complémentaires - Valentine Bouet (Professeure des universités, UniCaen, présidente du comité éthique n°54), Laura Barrot (Ingénieure d’études Inserm, membre des comités éthiques n°10 et n°42) et Laurent Chazalviel (Ingénieur d’études CNRS, adjoint du comité éthique n°54). |
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Grâce au financement de 45 576 € attribué par le FC3R en 2022, Ethi.3R a conçu un parcours de formation structuré autour de quatre modules complémentaires :
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Les considérations éthiques (Module 1 obligatoire). Aborde notamment la relation chercheur-animal, l’historique de la protection animale, la mise en pratique des principes éthiques, la communication sur la recherche animale et la notion de points limites.
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Le cadre réglementaire (Module 2 obligatoire). Consacré aux obligations légales, aux procédures expérimentales, à la gravité des procédures et aux appréciations rétrospectives.
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Comment évaluer une demande d’autorisation de projet (Module 3 facultatif). Etape clé du travail des comités, avec un focus sur la pratique concrète de l’évaluation éthique.
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Les statistiques - (Module 4 non obligatoire). Vise à renforcer la compréhension des tests statistiques et du dimensionnement expérimental.
Un premier bilan positif
La première session de formation, organisée entre mai et août 2025, a rassemblé 587 participants. À l’issue de cette session, 409 attestations de réussite ont été délivrées, représentant environ 18 % des membres de C2EA formés au niveau national. Les taux de participation et de réussite aux quiz sont élevés, avec une grande satisfaction des participants.
Une deuxième session, organisée d’octobre à décembre 2025, confirme cet engouement avec 606 participants inscrits et 348 attestations de réussite délivrées. Cette nouvelle session a permis d’apporter plusieurs améliorations : la simplification des accès à la plateforme, l’amélioration des questions de quiz, la mise à disposition de la majorité des documents en téléchargement et la clarification des informations figurant sur les attestations.
Au total, près de 34 % des 2200 membres des comités d'éthique ont désormais été formés formés grâce à Ethi.3R.
L’avenir d’Ethi.3R
Pour ses développeurs, la plus belle réussite d’Ethi.3R dans cinq ans serait que l’ensemble des membres des comités d’éthique français ait suivi cette formation et que tous les nouveaux membres se forment à Ethi.3R en complément des autres formations disponibles (Gircor, Charles River, e-thiX) dès leur entrée dans un comité. La cellule AfiS pourrait ainsi intégrer ces chiffres dans les audits de comité et les valoriser auprès de la Commission européenne. Leur souhait est également que la formation puisse prendre de l’ampleur, notamment dans les pays francophones européens qui pourraient en bénéficier.

