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8 bonnes raisons d'abandonner le sérum fœtal bovin

De nombreux produits d'origine animale sont encore utilisés dans la recherche, y compris pour les méthodes dites "alternatives" non-animales (cultures cellulaires, organoïdes...). Le sérum de veau fœtal (SVF) est le plus répandu, alors que sa production et son utilisation soulèvent de nombreux problèmes éthiques et scientifiques. Pourquoi est-il important de changer les habitudes de culture cellulaire, et comment faire?

18.04.23

© 3Rs Centre Utrecht.

Le FC3R a récemment sélectionné pour financement des projets de recherche innovants visant à remplacer l'utilisation d'animaux dans la recherche, mais aussi de produits d'origine animale comme le SVF, le matrigel, le collagène... Découvrez ces projets.

De nombreux produits d'origine animale continuent d'être utilisés en recherche, y compris pour les méthodes dites "alternatives" non-animales, telles que les cultures cellulaires in vitro et les organoïdes. Le sérum de veau fœtal (SVF) - ou sérum fœtal bovin - est le plus répandu, avec une production mondiale annuelle d'environ 600 000 à 800 000 litres, provenant d'environ 1 à 2 millions de fœtus bovins (Festen, 2007). Le SVF est un sous-produit de l'industrie de la viande et du lait, obtenu lors de la découverte de la gestation d'une vache à l'abattoir ; le sérum sanguin est alors prélevé par ponction cardiaque sur le fœtus. Ce prélèvement sanguin peut être source de souffrance pour le veau à naître, en particulier lorsqu'il est réalisé au cours du dernier tiers de la gestation (Jochems et al., 2002), ce qui est encore possible en France, malgré les recommandations d'experts qui ont conduit d'autres pays européens à interdire cette pratique. Bien que des mesures puissent théoriquement être prises pour minimiser la souffrance (van der Valk et al., 2004), la collecte du SVF n'est pas réglementée par les autorités (comme l'a récemment confirmé le Parlement européen), ce qui ne permet pas de savoir quelles précautions sont réellement mises en œuvre et dans quelle mesure.

La campagne de communication du Centre 3Rs d'Utrecht

Outre les préoccupations éthiques majeures soulevées par la production de SVF, il existe de bons arguments scientifiques pour changer les habitudes de culture cellulaire. Le Centre 3Rs d'Utrecht a lancé du 14 février au 29 mars une campagne de deux mois sur les réseaux sociaux, destinée aux chercheurs qui travaillent avec du SVF. "Avec cette campagne, nous espérons remettre en question quelques-uns des préjugés qui entourent l'utilisation du SVF", explique Jeffrey Bajramovic, directeur du centre néerlandais. Entre autres missions, les centres 3R visent à promouvoir le remplacement et à soutenir le développement de méthodes "alternatives", "non animales" ou "nouvelles approches" (NAMs). "De nombreuses NAMs sont basées sur des méthodes de culture cellulaire qui ont en commun d'utiliser des produits d'origine animale, tels que le SVF, dans leurs protocoles", explique M. Bajramovic. "Cependant, l'utilisation de SVF s'accompagne de préoccupations éthiques et scientifiques majeures." Le centre 3R néerlandais a spécifiquement abordé certaines de ces préoccupations scientifiques dans des messages hebdomadaires sur les médias sociaux, afin de stimuler la discussion parmi les chercheurs et d'initier un changement dans leurs habitudes de travail. Zoom sur ces arguments.

© 3Rs Centre Utrecht© 3Rs Centre Utrecht

Préoccupations liées à l'utilisation de SVF

Alternatives au SVF pour la recherche

Au cours des dernières années, de nombreuses solutions de remplacement du SVF ont été développées et ne demandent qu'à être testées pour des applications de recherche de plus en plus variées (Weber et al., 2022, Rafnsdóttir et al., 2023). Il existe deux types de milieux de substitution :

- Lysat plaquettaire humain (hPL) : d'origine humaine, obtenu de manière éthique, strictement contrôlé, exempt de composé xénogéniques, universellement utilisable et plus efficace pour la culture de cellules humaines, le hPL a été introduit avec succès en vue de remplacer le SVF, en particulier pour l'expansion de cellules humaines destinées à une utilisation clinique en thérapie cellulaire, ou en ingénierie tissulaire. Cependant, il est rare et précieux et, comme le SVF, de composition exacte non-définie et peut présenter une variabilité d'un lot à l'autre.

- Milieux définis chimiquement (CDM) : il s'agit d'alternatives synthétiques, exemptes de contaminations, de xéno, bien définies et personnalisables pour convenir à la plupart des types et lignées de cellules. Une société française, BIORCELL 3D - une spin-off de l'Université Clermont Auvergne -, a ainsi développé OPTIPASS®, un milieu de culture synthétique et chimiquement défini convenant à plusieurs applications dans la culture cellulaire. De nombreux autres CDM - disponibles dans le commerce ou fabriqués en laboratoire - sont disponibles pour différents types d'applications de recherche.

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